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Des
histoires vues, entendues ou vécues…
A venir: Adoption et abandon
d'un Dogue Allemand
Ignorance et cruauté ou
l’histoire du teckel dans une boîte à chaussures :
Je commence par une histoire pas très drôle mais qui heureusement finit
bien, et je vous rassure afin que vous ayez tout de même envie de lire la
suite, d’autres sont plus cocasses, mais celle-ci est particulièrement
extraordinaire.
Je n’étais alors qu’un jeune délégué enquêteur de la SPA, et l’une des
premières enquêtes que l’on me confie consiste à vérifier si oui ou non, Mr
et Mme X enferment leur chien dans une boîte. Je me présente à leur domicile
un soir d’automne vers 19h. La porte s’ouvre, j’explique qui je suis et le
but de ma visite. La dame est un peu surprise et certifie qu’il n’en est
rien. Elle m’invite dans l’entrée. Et là, tranquillement, s’agenouille,
ouvre une boîte de la taille d’une taille à chaussure de laquelle s’extrait
comme il peut, un Teckel. Si j’osais plaisanter, je dirais que le Teckel a
peut-être été inventé par un homme dont la profession était chausseur. En
effet, ce petit chien se range parfaitement dans une boîte à chaussure, mais
bien sûr, une fois dedans, il ne reste pas la place pour y glisser quoi que
ce soit, ni pour que le chien exécute le moindre mouvement.
Plutôt surpris je demande alors à la propriétaire si ce n’est donc pas un
chien dans une boîte ?! Toujours tranquille, elle me répond qu’elle ne le
place que le soir ou lorsqu’elle reçoit quelqu’un chez elle. Je lui réponds
qu’il est 19h et qu’il n’y a personne chez elle, et que quand bien même il
n’est pas possible de mettre un chien, même pour un temps très bref, dans
une boîte à chaussure. Elle m’explique que quand elle a des invités, le
chien leur saute sur les jambes et que la nuit il s’attaque aux chaussures
dans l’entrée, et que par conséquent, elle n’a pas le choix.
Je lui demande alors ce que le chien a à la queue, le bout de celle-ci étant
sanguinolent. Elle me dit avoir vu le vétérinaire et que celui-ci explique
la blessure par un léger stress du chien. Je lui rétorque sans être
vétérinaire, que le léger stress me semble être une énorme angoisse de son
animal et que celui-ci une fois dans la boîte n’a d’autre solution pour se
calmer que de se manger, au sens propre, la queue, c’est pourquoi il lui en
manque un morceau.
Je passe ensuite un long moment à lui ré-expliquer qu’il est impossible de
traiter un chien de cette façon et qu’il suffit de ranger les chaussures
ailleurs et de placer le chien par exemple dans la salle de bain lorsqu’elle
recevra du monde. Je la quitte, non sans lui promettre de revenir vérifier
que tout sera en ordre. Après avoir fait mon rapport à la responsable,
celle-ci me dit que j’aurais dû saisir le chien et malgré mes tentatives
pour lui expliquer que la propriétaire ne souhaitait pas se séparer de son
animal, elle insiste pour que j’y retourne avec la police. Le lendemain
soir, accompagné des forces de l’ordre, je me présente de nouveau au
domicile de Mme X. Elle ouvre la porte, m’accueille avec un « encore vous »
pas très agréable, et m’invite à rentrer.
Après lui avoir expliqué que ses actes étaient graves et que la police
prendrait les choses en main si nécessaire, je ne peux que constater, comme
elle me le dit, qu’elle a retiré les chaussures et tout ce que pouvait
attaquer le chien dans l’entrée, qu’elle a bien compris en cas de visite,
mais qu’en aucun cas elle ne donnera son chien. Nous en restons donc là, la
vie fait que je m’éloigne pour une petite année de la région parisienne,
mais à mon retour je reprends mes activités de délégué enquêteur, au même
titre qu’un poste de salarié à la SPA des Yvelines. Une de mes premères
visites sera pour Mme X, afin de m’assurer qu’un an plus tard le dossier
peut être définitivement classé. En arrivant, je tombe sur l’enfant qui
promène le chien, dont la queue semble aller parfaitement bien. Celui-ci
m’accompagne jusqu’à chez lui et la mère m’accueille avec un nouveau «
encore vous ! », un an après, elle a de la suite dans les idées !! L’entrée
est toujours nickel, elle me dit respecter les consignes données un an plus
tôt et a un peu de mal à accepter la surveillance dont elle fait l’objet.
Comme tout semble rentrer dans l’ordre, je lui dis qu’elle ne me reverra
plus. Cette histoire me semble être un formidable exemple de ce que la
méconnaissance des besoins fondamentaux d’un animal peut conduire les hommes
à faire.
Pompier 3h du mat’ :
Durant les 7 années que j’ai passées à la SPA, je cumulais les fonctions
d’agent animalier polyvalent et de gardien. Les premères années, nous étions
d’astreinte une semaine sur deux et tenus d’ouvrir le refuge quelle que soit
l’heure, au service de police ou aux pompiers. Il arrivait en moyenne une à
deux fois par semaine de recevoir des chiens ou des chats suite à des
saisies ou à des accidents, ou encore à des captures sur la voie publique.
Parfois juste après la fermeture, mais également régulièrement en pleine
nuit, 1h, 2h, voire 5h du matin. Cette nuit-là avait bien commencé, je
dormais du sommeil du juste, quand aux environs de 2h30 du matin, un coup de
sirène me réveille. En ouvrant un œil, j’aperçois les reflets des gyrophares
du camion de pompier et m’extrais lentement de mon lit. Les pompiers
m’expliquent que suite à un problème dans un restaurant, ils ont évacué le
propriétaire sur l’hôpital et nous apportent son animal. Je l’enregistre, le
mets en box, raccompagne les sapeurs et retourne me coucher. A 4h30 du
matin, plusieurs coups de klaxon me tirent de nouveau du sommeil. En
approchant de la grille du refuge, j’ai un étrange pressentiment. La
conversation s’engage :
- « bonsoir Monsieur, les pompiers vous ont amené un chien tout à l’heure
- mouais ?!
- voilà, je suis le propriétaire, je suis sorti de l’hôpital, ça va mieux,
et j’aimerais récupérer mon chien !
- je leur demande s’ils savent exactement quelle heure il est.
- oui, oui, je sais, il est tard, mais comme je vais mieux, j’aurais aimé le
récupérer tout de suite. Et là je leur explique avec un ton de moins en
moins courtois, que c’est hors de question, que normalement à cette heure je
dors, et que je ne suis tenu d’ouvrir qu’aux services publics. »
Après quelques minutes de palabre et devant leur insistance, je termine par
un « bonne nuit », fais demi-tour et retourne me coucher en faisant semblant
de ne pas entendre les remarques désobligeantes dans mon dos. Ils sont venus
récupérer leur animal le lendemain matin, se plaignant de la mauvaise
qualité du service de nuit !
Un retrait un peu tendu :
Délégué enquêteur de la SPA, on me demande d’aller récupérer un chien, que
la mère ne souhaite pas garder, position qu’elle ne partage sans doute pas
avec son fils. Le retrait sera peut-être délicat. Après avoir longtemps
cherché, je trouve enfin la maison dans ce quartier piéton et sonne à la
porte. Les volets du premier s’écartent, je vois la tête d’un jeune homme
sortir et j’annonce que je suis là pour le chien. Sans un mot, les volets se
referment brutalement. Dans la demi-seconde, la porte s’ouvre devant moi et
une femme me dit « entrez vite, il ne faudrait pas que mon fils vous voit ».
Là, je lui annonce que si son fils est le jeune homme au 1er étage, c’est
raté, il sait que je suis là et même pourquoi je suis là. Un peu paniquée,
elle n’a pas le temps de me donner plus de détails que déjà le fils déboule
dans l’escalier et la discussion entre eux s’engage.
Le fils « qu’est-ce que c’est que ce bordel ? qu’est-ce qu’il veut ?
qu’est-ce qu’il y a avec le chien ?
La mère : « tu ne t’en occupes pas, j’ai décidé de le confier à la SPA »
Le fils : « pas question !! »
La mère : « sois raisonnable »
Le fils : « je t’emmerde »
La mère : « ta gueule »
Et le ton va monter ainsi, atteignant des sommets d’injures du style « tu
n’es qu’une grosse conne !! ». Elle répond « de toute façon, la prochaine
fois que tu seras en hôpital psychiatrique, je n’ te ferai pas sortir. Lui «
va te faire foutre ! » Et moi pendant ce temps, qui compte les points, me
rend rapidement compte qu’il est inutile d’essayer de calmer ces excités et
surtout me demande comment cela va finir, surtout quand le fils sort un
fusil et le pose sur la table en déclarant « vous n’aurez pas mon chien ».
J’avoue que je n’ai jamais su si le fusil était chargé ou pas, mais chargé
ou pas, ce fusil donnait un autre ton à la conversation. Après une dizaine
de minute, la situation est la suivante : le fils avec son fusil d’un côté
de la table, moi et mon carnet d’abandon n’attendant plus qu’une signature
de l’autre, la mère et le chien près de l’évier. Après avoir longuement
tergiversé, le fils finit par signer le papier, que je m’empresse de ranger
dans ma sacoche, avant de me lever calmement et d’emporter le chien sans
autre forme de procès. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de cette famille,
si le fils a fini à l’hôpital ou la mère à la morgue, la seule que j’espère,
c’est qu’il n’ait jamais repris de chien.
Cocker-lion :
Mon épouse reçoit un coup de téléphone d’une dame catastrophée, parce que
son cocker ne l’aime pas. Heureusement pour nous, ce problème va être
simplifier car cette dame sait parfaitement pourquoi son chien ne l’aime
pas. En fait elle a perdu son cocker précédent, d’un accident, et c’était un
cocker-lion ! Avant de poursuivre, peut-être est-il utile que je vous
explique ce qu’est un cocker-lion ! Avant son appel, j’avoue que je n’en
avais pas la moindre idée ! Les cocker-lion, sont comme les hommes lion, ou
les femmes lionnes peut-être, tout simplement nés entre le 22 juillet et le
23 août ! Lion n’est donc pas une caractéristique physique ou
comportementale, une quelconque variété venue d’Afrique ou des cockers avec
une pilosité particulièrement développée à l’encolure, non ce sont juste des
chiens dont le signe astrologique est le « lion » ! Et la dame de poursuivre
son explication : après le décès de mon chien, mon mari a voulu me faire
plaisir et m’a réservé un cocker-lion mais celui-ci est mort avant les deux
mois. Mon mari croyant bien faire en a pris un autre qui n’est pas lion :
c’est un sagittaire, et je ne m’entends pas avec les sagittaires. J’ajoute
qu’elle était particulièrement sérieuse dans ces explications. Ma femme et
moi avons eu la même réaction : à savoir dans un premier temps lui dire
d’être patiente et que les choses allaient s’arranger d’elles-mêmes, mais
devant sa détermination, à ne pouvoir s’entendre avec un sagittaire, dans un
second temps, nous lui avons conseillé de le rendre, et d’attendre l’année
suivante qu’un cocker-lion puisse faire son bonheur. Si seulement les choses
pouvaient être aussi simples ! Malheureusement non ! Car les lions de
l’année suivante n’avaient pas les bons ascendants ou je n’sais quoi d’autre
en matière astrologique, et donc, ils n’auraient pas mieux convenus. J’avoue
que ma patience, pourtant légendaire a ses limites, que j’atteins parfois
rapidement dans certains domaines. Ce fut donc le cas, d’autant plus que
cette dame insistait très maladroitement sur le fait que le chiot, non
content d’être sagittaire, s’agitait comme un jeune et par conséquent levait
la patte sur ses tapis persan, ses meubles Louis 14 et autres chaussures et
sacs Dior ou visons. Je n’ai rien contre l’opulence, mais dans ce domaine,
je pense qu’un peu de discrétion ne nuit pas. Comment tout cela a-t-il fini,
vous demandez-vous ?! La dame a travaillé, elle a également dû travailler
sur elle-même. Son chien a grandi, et elle a dû le juger supportable, en
tout cas la dernière fois que nous l’avons vu, les choses allaient plutôt
bien. Cela a-t-il duré ? A l’occasion il faudra que je demande à un
astrologue de renom ! Si cela vous amuse, je vous laisse deviner de quel
signe je suis (vous avez quand même une chance sur douze, c’est plus facile
qu’au loto !), je vous donne un indice : au petit déjeuner, je prends un
chocolat chaud !
Pension Noël refusée :
Veille de Noël, vers 17 heures, il y a deux ou trois ans de cela, mon épouse
reçoit un coup de téléphone un peu singulier. Le monsieur part à l’étranger
le soir même et doit donc laisser son chien de toute urgence. La SPA ayant
refusé de le prendre de suite, il s’adresse à nous. Le fait qu’il ait
d’abord contacté la SPA, qu’il appelle le soir même de son départ en avion
pour l’étranger, ainsi que son discours, rend mon épouse méfiante, et elle
lui dit que la pension étant déjà très remplie, elle n’est pas du tout sûre
que nous ayons de la place, qu’elle va donc m’en parler au téléphone, et lui
demande de rappeler un peu plus tard. Pour ces mêmes raisons et surtout
parce que la pension était réellement complète, ce qui n’est ma foi pas
surprenant une veille de fête de fin d’année, je dis à mon épouse que nous
ne pourrons pas prendre ce chien. Le monsieur rappelle, et très vite,
comprenant notre refus, s’énerve, annonce que de toute façon il est déjà en
route et donc qu’il arrive. Lorsqu’à mon tour j’arrive à la maison, mon
épouse m’informe de la situation et me donne son téléphone.
-Monsieur, bonjour, ici Mr Ruiz Pile-Poil. Je vous rappelle suite aux deux
conversations que vous avez eues avec mon épouse.
-Oui je suis en route, pour vous déposer mon chien !
-Monsieur, mon épouse vous a dit que nous n’avions pas de place et qu’il
nous était donc impossible de l’accueillir !
-Vous ne faites pas d’efforts, mettez vous à ma place, je pars à l’étranger,
je n’ai pas le choix !
-Vous ne faites pas d’efforts non plus, puisque je vous dis que je n’ai pas
de place ! Je ne vais pas mettre un autre chien dehors pour accueillir le
vôtre !
Le dialogue de sourds a continué ainsi quelques minutes, jusqu’à ce que ce
monsieur, excédé me menace (réaction habituelle), la menace avait deux
aspects : le 1er, larguer son chien dans la nature (belle preuve d’amour),
la 2nde, déposer plainte contre moi, pour soi-disant un langage grossier
(pas ce coup-là !). Je lui ai donc rétorqué qu’il pouvait déposer plainte,
ce que je ne manquerais pas de faire moi-même, si j’apprenais qu’il avait
largué son chien en pleine nature, j’aurais alors un motif valable, à savoir
abandon volontaire sur la voix publique, ce qui est considéré depuis la loi
de 1999, comme un acte de cruauté. Il termine en me disant, que de toute
façon nous verrons çà en face à face et qu’il était prêt à accrocher son
chien à mon portail. La conversation en est restée là, quand je lui ai dit
qu’il n’avait pas mon adresse, qu’avec celle-ci et un plan d’accès il
n’était pas simple de nous trouver, alors que j’avais peu de chance de le
trouver devant chez moi. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé, je n’en ai
plus jamais entendu parlé, je ne sais pas ce qu’est devenu son animal,
j’espère que cet individu est réellement parti à l’étranger et qu’il y est
toujours !
Rott chien d’une vie :
Veille du 15 Août 2008, week-end de l’année le plus chargé en ce qui
concerne la pension. Quelques jours avant, une jeune femme appelle, explique
qu’elle a un rott, que c’est, je cite « le chien de sa vie » et qu’elle
déménage et doit absolument le faire garder. Comme je lui explique que la
pension est déjà pleine depuis très longtemps, elle insiste et après
quelques minutes de cette conversation de sourds, elle finit par m’annoncer
tranquillement « benh si c’est comme ça, je vais le faire euthanasier ». Là,
je n’ai pu m’empêcher de lui dire que cela me semblait une réaction étrange
et pour le moins excessive quand on parlait du « chien de sa vie », mais
visiblement, entre gérer le chien et les cartons ou l’envoyer au frigo, il
n’y avait pas photo !
Suisse, passez-moi mon
chien :
Un couple ayant de gros problèmes nous demande de garder leur berger
allemand, pendant leur cure en Suisse. Cette cure devait durer 3 mois et
nous faisons donc un tarif préférentiel. Après quelques jours, le monsieur
téléphone pour prendre des nouvelles de son chien. Je lui donne donc des
nouvelles et n’étant pas à la pension, il me fixe un RDV pour le lendemain,
à une heure où j’y serais. Le lendemain, à l’heure dite, il m’appelle et me
demande de lui passer son chien. Tendant alors le téléphone après bien sûr
avoir mis le haut parleur, je l’entends pendant deux minutes : « t’inquiètes
pas mon pèpère, c’est papa, y t’a pas abandonné, on va revenir te chercher,
etc.. » avant de conclure « je te passe ta maman » et sa femme de reprendre
l’appareil et d’en remettre une couche pendant deux minutes. A la fin de
leurs monologues respectifs, monsieur m’a demandé comment cela s’était
passé, et comme je lui disais que son chien avait tourné la tête, il m’a
dit, tout fier « vous voyez, j’vous avais bien dit qu’il me reconnaîtrait !
surtout occupez-vous bien de lui ! » Heureusement qu’il n’y a pas un
ordinateur dans chaque box, sinon je pense que le chien aurait reçu des
tonnes d’e-mail !
Consignes :
Les propriétaires qui nous laissent leurs animaux en garde nous donnent
souvent des consignes afin que tout se passe pour le mieux. Celles-ci sont
parfois surprenantes, en voici quelques-unes parmi les meilleures :
- surtout lorsque vous lui donnerez à manger, il faudra lui donner
l’autorisation en disant « mange », sinon il ne mangera pas. Inutile de vous
dire que le chien qui devait passer plusieurs semaines chez nous a mangé
très vite sans attendre l’autorisation de le faire !
A ma connaissance, on n’a jamais vu un chien adulte en bonne santé se
laisser mourir de faim.
- une autre fois, la propriétaire nous prévient que chaque matin, il faudra
impérativement faire une caresse à son chien en lui disant bonjour, faute de
quoi, il nous ferait la tête toute la journée. J’ai trouvé son chien
d’autant plus sympathique de ne pas faire de boudin alors que nous n’étions
pas aussi courtois que ses maîtres.
Tel SPA 00h :
Lorsque j’étais gardien au refuge de Plaisir, mon studio de fonction était
séparé de l’accueil par une simple porte. J’entendais donc fréquemment le
téléphone sonner, y compris bien sûr en dehors des heures d’ouverture et il
m’arrivait, bien que mon sommeil soit profond de l’entendre sonner à des
heures indues. Exemple, une nuit vers une heure du matin ! Il sonne
longtemps avant de redevenir silencieux. Le lendemain matin, à 10h00, heure
d’ouverture du refuge et donc du standard, coup de téléphone d’un monsieur,
quelque peu en colère, expliquant qu’il avait téléphoné cette nuit et ne
comprenant absolument pas pourquoi personne n’avait répondu. Le pire est que
je ne pense pas qu’il ait compris la raison de notre silence nocturne !
Durant les 3 années et demie où j’ai occupé ce studio, cette mésaventure
s’est reproduit bien des fois. A quand des refuges SPA ouverts 24h/24h ?
C’est pour une urgence !
Il arrive fréquemment que nos portables sonnent en dehors des heures où nous
répondons dans la société. Pour info, « Pile Poil bonjour » est une réponse
que nous faisons de 8h du matin à 20h le soir, ce qui me semble une plage
correcte et déjà bien supérieure à d’autres sociétés ou d’autres services !
Ce soir-là vers 21h30, mon portable sonne. Ne reconnaissant pas le numéro,
je ne réponds pas et attends de voir si la personne laisse un message. Au
lieu de cela, quelques secondes après, c’est le portable de Christine, qui
sonne. N’obtenant toujours pas de réponse, le mystérieux correspondant
appelle alors sur notre fixe. Ni réponse de notre part, ni msg de la sienne,
mais nouvel appel sur mon portable puis sur celui de Christine, puis sur
notre fixe, puis sur mon portable, etc etc etc…Nous comptabilisons ce soir
là une dizaine d’appels par appareil, soit une trentaine de possibilités de
laisser un message. En général, nous attendons que l’excité se lasse, qu’il
se décide à parler au répondeur, qui est là pour ça ! Mais ce soir-là, je ne
sais plus comment cela s’est fait, toujours est-il que j’ai fini par avoir
cette personne en ligne qui m’a alors demandé, complètement paniquée ce
qu’elle devait faire puisqu’elle venait de découvrir une tique plantée sur
son chien. Je lui ai répondu d’un ton dramatique qu’elle devait le plus
rapidement possible joindre un vétérinaire, et qu’elle devrait même se
déplacer, pour faire enlever l’infâme vermine sur son adorable petit chou !
J’espère que le chien s’en est sorti !! Quant à nous, nus avons
régulièrement droit à la ronde des téléphones !
Macao :
Macao est un american staff qui se retrouve à l’âge de deux ans dans un
refuge SPA. Il est transféré quelques mois plus tard dans notre refuge et
bien que son attitude ne soit pas agressive, l’ensemble du personnel
animalier a dû mal à juger ce chien, pour une raison indéfinissable. Le
problème, c’est que cela rend son placement plus difficile. On refuse le
chien aux « zy-va » qui en font la demande, mais lorsqu’un week-end un
gentil petit couple avec un bébé dans les bras se présente et flashe sur le
chien, mes collègues ne savent pas comment réagir.
Par prudence, ils préfèrent déconseiller le chien mais le jeune couple
insiste. Finalement mes collègues viennent me voir dans mon logement de
fonction puisque j’habitais à l’époque au refuge. Je me rends donc auprès de
mes adoptants potentiels et la discussion s’engage.
- Bonjour messieurs dames, vous voulez adopter Macao, mes collègues vous ont
dit que ce n’était pas forcément une bonne idée, voilà ce que je vous
propose : je vais vous placer Macao, mais à une condition : vous allez me
signer cette décharge pour dégager ma responsabilité non pas au cas où le
chien morde votre enfant, mais si le chien tue votre enfant. Le jeune couple
a eu l’air un peu surpris, cependant ils ont commencé à négocier « oui
mais.. et si.. ».
Je réitère donc ma proposition précisant que soit ils étaient suffisamment
sûrs d’eux auquel cas ils signaient le papier et partaient avec le chien ou
bien si comme nous ils avaient un doute, mieux valait qu’ils s’abstiennent.
Finalement ils n’ont pas signé le papier. Cela dit, s’ils avaient voulu
signer, je pense que nous aurions quand même refusé le placement.
Le lendemain matin, lors de la petite réunion de début de semaine, avec mes
collègues nous faisons le point et convenons que Macao nous pose un souci,
car cette fois nous avons dû le refuser à un couple qui semblait bien sous
tout rapport. Afin que cela ne se reproduise pas, nous décidons que dans la
journée, nous le testerions afin de savoir à quoi nous en tenir.
En début d’après-midi, je pars donc avec le chien en laisse et commence à le
titiller un petit peu. Petite pitchenette, petite bousculade, rien de bien
méchant, juste quelques agacements, que pourrait faire par exemple un jeune
enfant. Alors que nous sommes éloignés à peine d’une petite cinquantaine de
mètres du refuge, Macao décide de s’accoupler avec ma jambe. Etant d’un
naturel jaloux, le reste de mon corps refuse et je repousse brusquement le
chien. A ce moment Macao me mord violemment à la cuisse, puis à la poitrine,
avant de terminer pleine gueule dans ma doudoune en plume, la déchirant et
la secouant dans tous les sens, nous entourant de plumes virevoltantes un
peu comme un jour de tempête de neige.
Restant calme malgré la douleur, je commence le chemin du retour, me
demandant ce qu’il ferait si je lâchais ma doudoune ? Lorsqu’il le fit
quelques secondes plus tard, j’eus le réflexe de lui reproposer, et il
recommença à mordre achevant celle-ci définitivement. J’arrivais après de
longues dizaines de secondes à la porte du refuge et demandais de l’aide.
Mes collègues arrivèrent aussitôt, prirent le chien en laisse. Celui-ci se
calma presque instantanément et ils purent le conduire en box. Deux heures
plus tard, le chien était euthanasié. Le week-end suivant, je travaillais et
j’étais à l’accueil du refuge. Lorsque mon jeune couple, bébé toujours dans
les bras, se présente ! Je leur raconte alors ma mésaventure avec Macao !
Ils écoutent attentivement et n’ont finalement qu’un seul commentaire à la
fin de mon récit :
-« oui, mais est-ce que ça se serait passé comme ça avec nous ? »
On peut effectivement se poser la question, mieux vaut peut-être par contre
ne pas connaître la réponse.
Viens te battre !
Nous sommes en pleine distribution des repas au refuge d’Hermeray avec deux
collègues, dont un excellent copain, nommé Fred. Les chiens sont presque
tous par deux en box et ceux-ci sont agencés de telle façon qu’en général on
pose une gamelle en bas à droite et une gamelle en haut à gauche, sur le
toit des niches. Fred entre donc dans le chenil où se trouve deux chiens
dont un colley, fait glisser la gamelle en bas à droite, puis celle en haut
à gauche, à l’attention du colley. Celui-ci semble s’en désintéresser et
louche visiblement sur la gamelle de son compagnon d’infortune. Fred lui
demande alors d’aller manger, et comme le colley ne tourne même pas la tête
vers sa gamelle mais le regarde plutôt d’un air menaçant, les oreilles en
avant, Fred se sent défié et prenant la pause du boxeur en garde, les deux
points à hauteur du visage, il lance au colley un « qu’est-ce que t’as ? Tu
veux te battre ?! » Le colley prend son élan et s’élance en direction de
Fred qui n’a que le temps de tourner les talons, de fermer la porte juste
derrière lui et de vociférer « il est venu le con, il est venu ! ». Notre
collègue et moi avons toujours le sourire aux lèvres en re-visualisant la
scène !
Coups de fils dans la nuit
!
J’étais depuis peu de temps avec ma compagne qui n’était pas encore habituée
aux sollicitations de la clientèle à des heures parfois indues. Nous
dormions profondément lorsque vers 3h du matin, le téléphone sonne.
Christine, d’une nature inquiète, tend l’oreille, imaginant toujours les
pires nouvelles concernant son fiston ou quelqu’un d’autre. Et là, au loin,
à travers le répondeur, je reconnais la voix d’une cliente qui m’explique
qu’en sortant de chez ses amis après une soirée, le chien a profité de la
promenade pour tailler la route et faire une virée nocturne. Elle me demande
ce qu’elle doit faire. J’ai fait ce que je pensais être le mieux, je me suis
retourné, j’ai fermé les yeux et je me suis rendormi ! J’ai la chance de
m’endormir et de me rendormir plus vite que le temps de dire bonne nuit.
Nous avions retrouvé le sommeil avec Christine, non sans avoir échangé deux
ou trois remarques du style « elle manque pas d’air. C’est incroyable »
lorsque vers 5h du matin, le téléphone sonne de nouveau. Christine se
redresse, crispée, attentive. J’écoute d’une oreille discrète et je
reconnais la voix de ma cliente, beaucoup plus éveillée et joyeuse,
m’annonçant que je pouvais dormir, car elle avait retrouvé son animal. Je
n’écrirais pas ici les commentaires qui ont suivi, car cette page pouvant
être lu par des enfants, il n’est pas nécessaire de leur apprendre de
nouvelles injures.
Puisque je vous dis que ce
chien est agressif !
Je tiens le stand SPA lors d’une opération extérieure, organisée aux
alentours de Mantes. Une dame se présente, souhaitant adopter un chien, pour
tenir compagnie à sa chienne. Celle-ci est très sociable et cela tombe bien,
nous avons un petit mâle, qui correspond aux critères de Madame et qui est
lui aussi particulièrement sociable. Le placement se fait, la dame rentre
chez elle. Quelques heures plus tard, nous recevons un appel sur le stand de
cette dame, presque en pleurs, qui nous dit que cela se passe mal et que
notre mâle est très agressif vis-à-vis de sa chienne. Nous sommes très
surpris, et après une longue négociation, réussissons à la convaincre
d’attendre le soir. Nous passerons la voir après la manifestation et si
réellement nous constatons qu’il est agressif nous reprendrons le chien. La
journée se termine et nous nous présentons au domicile de cette dame.
Celle-ci nous dit qu’elle a séparé les deux chiens, le mâle étant trop
agressif et grondant dès qu’il voit la femelle. Nous arrivons à la
convaincre de les lâcher ensemble afin que nous puissions voir par nous-même
de quoi il retourne. A peine lâché, le mâle se précipite vers la femelle, se
plaque au sol, la queue battant furieusement en l’air avec un aboiement
caractéristique, couramment traduit dans les dictionnaires « chien homme »
par la demande « tu veux jouer ? ». Le chien part comme une bombe et revient
proposer le jeu à la femelle, celle-ci accepte, court avec lui, lui saute
sur le dos, le mordille. Ils grognent, ils jouent, ils s'expriment et
s’éclatent ! Avec mes collègues nous sommes rassurés, expliquons à la dame
ce qui se passe et lui disons que c’est génial, elle a trouvé le compagnon
idéal pour sa chienne ! Malheureusement celle-ci n’en démordra pas, ce chien
est agressif, il grogne et mord sa chienne qui ne peut pas défendre, elle ne
veut donc pas le garder. Nous avons donc repris notre chien et ajouté une
croix supplémentaire dans la case « sociable ». Il trouva finalement une
famille, mais je ne sais pas si la petite chienne a pu s’éclater de nouveau
!
Entendu à la S.P.A. de
Lievens
Un monsieur cherchait à adopter un Dalmatien.
Lorsque la conseillère en placement lui a demandé pour quelle raison il
souhaitait tout particulièrement un Dalmatien? Il lui a répondu simplement:
- Pour vivre dans le garage avec le Labrador et la Porche!
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